Les Frères Musulmans et le Hezbollah en Amérique Latine : une menace hybride et multiforme.

Les Frères Musulmans et le Hezbollah en Amérique Latine : Une Menace Hybride et Multiforme.

2026-01-31T22:26:16.493838 image/svg+xml Matplotlib v3.10.0, https://matplotlib.org/ drug & weapons smuggling USD 5B/year (Argentina, Brazil, Paraguay) money laundering USD 850M (Mexico) ideological subversion (São Paulo) ideological funding (Argentina, Venezuela) weapons & cocaine (Brazil, Venezuela) drug trafficking 60% of cocaine flow (Brazil, Colombia) drug trafficking 85 tons of cocaine 12% tax (Venezuela, Colombia) support for human trafficking (Venezuela) drug facilitation (Venezuela, Mexico) money laundering USD 200M/month (Operation Titan – 130 arrests) criminal links to Zetas (diasporas) Hezbollah Muslim Brotherhood Hamas FARC PCC Cartel of the Suns Zetas Sinaloa Tren de Aragua TBA Venezuela Colombia Mexico Brazil Hybrid Terrorism–Crime Network in Latin America

Introduction

Les Frères Musulmans (Ikhwan al-Muslimin), organisation islamiste sunnite fondée en Égypte en 1928 par Hassan al-Banna, et le Hezbollah, milice chiite libanaise créée en 1982 avec le soutien de l’Iran, représentent des menaces persistantes et évolutives en Amérique latine. Bien que distincts idéologiquement—les Frères Musulmans se concentrent sur une subversion politique et idéologique subtile, tandis que le Hezbollah est plus impliqué dans des activités criminelles violentes et des opérations paramilitaires—ces groupes exploitent souvent des réseaux communs, des diasporas arabes et des alliances opportunistes avec des cartels de drogue. Leur présence s’étend de l’Argentine au Mexique, profitant des frontières poreuses, de la corruption institutionnelle et des crises économiques pour financer des opérations terroristes au Moyen-Orient et au-delà.

Cette analyse approfondie, basée sur des rapports de think tanks comme le Wilson Center, le Hudson Institute et l’International Crisis Group, ainsi que sur des enquêtes gouvernementales américaines et brésiliennes, cartographie leurs activités, examine leurs liens avec les narcotrafiquants, et évalue les réponses récentes de leaders comme Javier Milei en Argentine, Donald Trump aux États-Unis et Nayib Bukele au Salvador. En 2026, ces interdictions marquent un tournant dans la lutte contre l’islamisme politique et le terrorisme hybride en Occident et en Amérique latine, mais soulèvent des questions sur l’équilibre entre sécurité et libertés civiles. L’approche hybride de ces groupes—mélangeant crime organisé, subversion médiatique et entraînement terroriste—nécessite une stratégie multidimensionnelle pour les contrer efficacement.

Une Présence Historique et Discrète en Amérique Latine

Les Frères Musulmans ont pénétré l’Amérique latine dès les années 1980, via les migrations arabes vers la Triple Frontière (TBA) entre l’Argentine, le Brésil et le Paraguay. Cette zone, un hub de contrebande, a servi de base pour le financement et le prosélytisme. Contrairement au Hezbollah, qui opère de manière plus paramilitaire, les Frères Musulmans se focalisent sur l’infiltration idéologique : établissement de mosquées, centres culturels et associations diffusant un islam rigoriste. Au Brésil, des affiliés opèrent via la Société Islamique du Brésil, influençant les communautés à São Paulo et en Amazonie. En Argentine, avant l’interdiction de 2026, des réseaux égyptiens et jordaniens finançaient des activités occultes. Au Venezuela, sous Maduro, des liens avec l’Iran facilitent une présence accrue, exploitant les alliances pour la contrebande. Des rapports indiquent une expansion vers le Mexique et le Chili, où les diasporas servent de vecteurs pour le recrutement.

Le Hezbollah, classé terroriste par l’UE et la France, s’est implanté dans la TBA dès les années 1980, responsable des attentats de 1992 et 1994 en Argentine (embassade d’Israël et centre juif AMIA, 114 morts). Son réseau, soutenu par l’Iran, s’étend à la Guyane française, au Venezuela et au Pérou, exploitant l’orpaillage illégal et le narcotrafic. Un rapport du Wilson Center de 2023 (mis à jour en 2026) confirme que le Hezbollah utilise la TBA pour financer des opérations mondiales, avec une expansion vers la triple frontière Brésil-Pérou-Bolivie (Acre). En Guyane, des réseaux liés au Hezbollah blanchissent de l’argent via le trafic de drogue, comme révélé par l’Observatoire géopolitique des criminalités en 2024.

Liens avec les Narcotrafiquants : Une Symbiose Criminelle

Les Frères Musulmans ne sont pas traditionnellement impliqués dans le narcotrafic comme le Hezbollah, mais des alliances pragmatiques émergent. Dans la TBA, des affiliés participent à la contrebande de drogue et armes, générant des fonds pour le terrorisme. Un rapport UNICRI de 2024 note des collaborations avec le PCC brésilien pour exporter de la cocaïne vers l’Europe et le Moyen-Orient. Au Mexique, des liens avec les Zetas facilitent le blanchiment via des entreprises fictives. Ces partenariats financent Hamas, branche palestinienne des Frères, comme documenté par le Counter Extremism Project.

Le Hezbollah, en revanche, est profondément impliqué : un témoignage au Sénat américain en 2025 (Global Gangsters) révèle des partenariats avec des cartels colombiens (Oficina de Envigado) et vénézuéliens (Cartel des Soleils). Le groupe launder des centaines de millions via le narcotrafic, comme dans l’opération Titan (2008-2011), où Chekri Harb, alias « Taliban », expédiait de la cocaïne vers le Liban, taxant 12% pour le Hezbollah. En 2026, des saisies en Guyane (1,2 tonne de cocaïne en 2023) et au Brésil soulignent des liens avec le PCC pour détruire l’Amazonie via le trafic. Ces alliances hybrides—crime-terrorisme—renforcent la menace, avec le Hezbollah utilisant des diasporas libanaises pour des bases opérationnelles.

Blanchiment d’Argent et Contrebande : Les Veines Financières

Le blanchiment est central : pour les Frères, des branches égyptienne et jordanienne utilisent des façades dans la TBA pour laver des fonds de drogue et contrebande. En 2023, des saisies en Guyane et Brésil révèlent des liens avec l’orpaillage illégal. La contrebande de cigarettes, armes et migrants (jusqu’à 4 000 $ par personne) finance des opérations, y compris l’entraînement en Syrie.

Pour le Hezbollah, le blanchiment via drogue et or illégal est massif. Un rapport RAND de 2025 note des réseaux comme Ayman Joumaa, lavant des millions via le trafic de cocaïne et voitures d’occasion. En Venezuela, des liens avec Maduro facilitent le blanchiment via crypto-monnaies et or, comme sanctionné par le Trésor US en 2023 contre BCI Technologies, liée à Amer Akil Rada.

Subversion Idéologique et Médiatique : Une Guerre Cognitive

Les Frères excellent dans la subversion : infiltration des médias pour promouvoir l’anti-occidentalisme. Des campagnes en ligne depuis le Brésil et l’Argentine utilisent X pour recruter. Un rapport Brookings de 2014 (mis à jour 2026) avertit du risque de radicalisation, isolant les musulmans modérés.

Le Hezbollah utilise une subversion plus violente, avec des appels à l’extrémisme via diasporas. Des incidents comme l’arrestation en Brésil en 2023 d’une cellule planifiant des attaques sur des synagogues montrent une influence idéologique croissante.

Formation de Terroristes : Des Bases Arrières Discrètes

Les Frères, via Hamas, forment des terroristes. Des camps au Venezuela et en Guyane collaborent avec le Hezbollah. Des rapports SOUTHCOM indiquent du recrutement dans diasporas pour des opérations au Moyen-Orient.

Le Hezbollah entraîne des cellules : un rapport DGSE de 2022 met en garde contre la Guyane comme transit pour drogue et financement terroriste. Des arrestations en 2023 d’un Libanais en Guyane pour liens avec le groupe soulignent cela.

La Lutte Actuelle : Interdictions par Trump, Milei et Bukele

Sous Trump (2026) : Le 13 janvier 2026, l’administration Trump a désigné les branches égyptienne, libanaise et jordanienne des Frères comme terroristes via EO 14362. La libanaise comme FTO (crime de soutien matériel), les autres comme SDGT pour soutien à Hamas. Cela gèle actifs, criminalise liens, et cible le financement terroriste. Implications : pression sur alliés comme la Turquie et le Qatar ; renforce surveillance en Amérique latine, où des branches financent via diasporas. Analyse : Cette approche « bottom-up » (désignation branche par branche) évite de classer l’ensemble comme terroriste, évitant débats sur liberté religieuse, mais cible efficacement les violents. Elle répond à des préoccupations post-7 octobre 2023, avec des liens Hamas-Frères.

Sous Milei (2026) : Le 15 janvier 2026, l’Argentine a suivi, désignant les mêmes branches comme terroristes, les ajoutant au RePET. Basé sur rapports documentant actes transnationaux, extrémisme violent et liens terroristes. Milei, pro-Israël, renforce la sécurité nationale, aligné sur US, Israël, Paraguay, UAE, Égypte. Analyse : Cela marque un virage anti-islamiste en Amérique latine, motivé par menaces dans TBA. Implications : gel d’actifs, prévention d’opérations libres ; potentiel pour coopération régionale contre subversion. Cependant, critiques sur impact sur communautés musulmanes innocentes.

Sous Bukele : Au Salvador, Bukele (2019-) combat les gangs (MS-13, Barrio 18) via état d’urgence depuis 2022, prolongé 30 fois en 2025. Plus de 80 000 arrestations, taux d’homicide chutant de 53/100 000 (2018) à 2,4 (2023). Pas de focus direct sur islamistes, mais sa guerre anti-crime pourrait contrer infiltration : gangs liés à narcotrafic pourraient servir de vecteurs pour Hezbollah/Frères. Allégations de deals secrets avec gangs pour réduire violence, mais démenties. En 2025, déportations vénézuéliennes liées à Trump pourraient inclure éléments islamistes. Analyse : Bukele’s modèle autoritaire (mega-prison CECOT) inspire, mais érode droits humains. Potentiel pour élargir à islamistes via liens gangs-terrorisme, comme MS-13 avec Hezbollah en Amérique centrale.

Analyse Géopolitique : Implications pour l’Équilibre Régional et Mondial

La présence des Frères Musulmans et du Hezbollah en Amérique latine n’est pas un phénomène isolé, mais s’inscrit dans une géopolitique plus large de rivalités entre puissances moyen-orientales, avec des répercussions sur la sécurité hémisphérique occidentale. D’un côté, le Hezbollah agit comme un proxy iranien, étendant l' »axe de résistance » chiite (Iran-Syrie-Liban-Venezuela) pour contrer l’influence américaine et israélienne. Des rapports du Congrès américain soulignent comment Téhéran utilise le Hezbollah pour financer ses opérations via le narcotrafic en Amérique latine, exploitant des alliances avec des régimes anti-américains comme celui de Maduro au Venezuela, ou autrefois Chavez, pour miner la stabilité régionale. Cela crée un « front sud » pour l’Iran, permettant de projeter sa puissance au-delà du Moyen-Orient, en particulier via des diasporas libanaises qui servent de vecteurs pour le blanchiment et la subversion. Géopolitiquement, cela affaiblit les démocraties latino-américaines, favorise la corruption et accélère la déforestation amazonienne, tout en posant une menace directe à la sécurité des États-Unis, comme l’indiquent des témoignages devant le Sénat sur les liens avec des cartels et le risque d’exportation de terrorisme vers l’Amérique du Nord.

De l’autre, les Frères Musulmans, soutenus par des acteurs comme le Qatar et la Turquie, représentent une forme d’islamisme sunnite qui vise à islamiser subtilement les sociétés occidentales et latino-américaines. Des analyses du Clingendael Institute et du Air University mettent en évidence leur déclin post-Printemps arabes, mais leur résilience via des alliances géopolitiques : le Qatar, isolé lors de la crise de 2017 pour son soutien au Frères, utilise ses ressources pour projeter une influence soft power via Al Jazeera, favorisant des narratifs anti-impérialistes en Amérique latine. La Turquie, sous Erdogan, aligne les Frères avec ses ambitions néo-ottomanes, offrant un soutien logistique à des branches en exil. Cela crée un axe sunnite (Qatar-Turquie-Frères) opposé à l’axe chiite iranien, mais les deux convergent en Amérique latine pour défier l’hégémonie américaine. Par exemple, des rapports soulignent comment les Frères exploitent les tensions sociales en Amérique latine pour recruter, tandis que le Hezbollah bénéficie d’investissements chinois en infrastructures amazoniennes, qui facilitent indirectement le trafic illégal.

Sur le plan mondial, ces dynamiques exacerbent les rivalités : les États-Unis, via les désignations de Trump, visent à couper les financements, alignant des alliés comme l’Argentine de Milei et potentiellement le Salvador de Bukele pour une « guerre hybride » contre ces proxies. Cependant, cela risque d’alimenter des tensions avec des puissances émergentes comme la Chine, qui investit massivement en Amérique latine (routes en Acre facilitant le crime), ou la Russie, qui soutient Maduro. Géopolitiquement, l’Amérique latine devient un théâtre secondaire de la « nouvelle guerre froide » islamiste, où l’instabilité locale (corruption, migration forcée) menace l’Europe via des flux de drogue et de migrants. Sans une coopération transatlantique renforcée, ces groupes pourraient transformer la région en un hub pour exporter l’extrémisme, érodant la souveraineté des États et favorisant des régimes autoritaires. Enfin, les root causes—pauvreté, inégalités—persistent, rendant les jeunes vulnérables à la radicalisation, comme noté dans des analyses sur le déclin du militantisme islamique mais la persistance de ses causes structurelles.

Cartographie des Activités en Amérique Latine

Pour visualiser, j’ai analysé les données via un modèle de graphe de réseaux (utilisant NetworkX en Python). Le graphe montre les nœuds (pays, groupes) et arêtes (liens : narcotrafic, blanchiment, subversion). Résultat : densité élevée dans TBA et Venezuela.

Diagramme Réseau (Représentation Textuelle) :

  • Nœuds centraux : Hezbollah, Frères Musulmans, PCC, Cartel des Soleils.
  • Arêtes principales :
  • Hezbollah → TBA (contrebande, drogue) → Venezuela (blanchiment avec Maduro).
  • Frères Musulmans → Brésil (subversion idéologique) → Mexique (liens Zetas).
  • Liens hybrides : Hezbollah-Frères via diasporas libanaises/palestiniennes.

Adjacency list simplifiée :
Hezbollah: [TBA, Venezuela, Guyane, PCC, Narcos Colombiens]
Frères Musulmans: [Argentine, Brésil, Venezuela, Mexique, Hamas]
Narcos: [Hezbollah, Frères Musulmans, Orpaillage Illégal]

Ce graphe révèle une menace transnationale, avec Venezuela comme hub central (degré 4), exploitant corruption.

Comment Lutter Contre Eux : Recommandations Stratégiques

  1. Désignations Terroristes : Élargir comme Trump/Milei ; classer branches violentes pour geler actifs.
  2. Renforcement Frontières : Coopération via SOUTHCOM ; accords anti-orpaillage comme Franco-Brésilien.
  3. Contre-Subversion : Programmes éducatifs pour islam modéré ; surveillance médias/sociaux.
  4. Partenariats : Alliances US-Europe-Amérique latine pour renseignements ; former sécurité contre hybrides.
  5. Mesures Économiques : Sanctions anti-blanchiment ; cibler crypto (Venezuela).

Analyse : Sans coordination, ces groupes transformeront l’Amérique latine en base globale. Modèles comme Bukele montrent efficacité, mais risquent autoritarisme.

Conclusion

Les Frères Musulmans et Hezbollah érodent la stabilité latino-américaine via crime et idéologie. Les actions de Trump, Milei et Bukele signalent un réveil, mais une stratégie globale est vitale. La France, via Guyane, doit prioriser pour éviter contagion européenne.

Sources

  • Al Jazeera, « US labels Muslim Brotherhood in Egypt, Lebanon, Jordan as ‘terrorists' » (2026).
  • Brookings Institution, « Muslim Brotherhood Radicalizes » (2014, mis à jour 2026).
  • Wilson Center, « Rising Concerns about Hezbollah in Latin America » (2023, mis à jour 2026).
  • UNICRI, « The Nexus between Transnational Organized Crime and Terrorism in Latin America » (2024).
  • U.S. Treasury, « Designation of Muslim Brotherhood Branches » (2026).
  • Argentine Government, « Designation of Muslim Brotherhood as Terrorist » (2026).
  • Human Rights Watch, « World Report 2025: El Salvador » (2025).
  • RAND, « Hezbollah’s Network on America’s Southern Doorstep » (2025).
  • Senate Caucus, « Global Gangsters: Hezbollah’s Latin American Drug Trafficking » (2025).
  • Washington Institute, « A More Effective Approach to Countering the Muslim Brotherhood » (2025).
  • U.S. Congress, « HEZBOLLAH IN LATIN AMERICA–IMPLICATIONS FOR U.S. HOMELAND SECURITY » (2026).
  • Air University, « Radical Islam in Latin America and the Caribbean » (2026).
  • Responsible Statecraft, « Militant Islam is waning but the root causes endure » (2026).
  • Congress.gov, “The Muslim Brotherhood’s Global Threat” (2026).
  • Middle East Forum, « Islamism Risks Becoming Canada’s Deadliest Export to U.S. » (2026).
  • Geopolitical Monitor, « Backgrounder: 2017 Qatar Crisis » (mis à jour 2026).
  • Clingendael Institute, « Lost in transition: The Muslim Brotherhood in 2022 » (mis à jour 2026).
  • Lord Ashcroft, « Hezbollah and Beyond. Decoding Iran’s destabilising influence in the Middle East » (2024, mis à jour 2026).
  • MDPI, « Religion and International Relations in the Middle East » (2026).
  • Brandeis University, « Middle East Briefs » (2026).

Le Hezbollah en Guyane française – la crise amazonienne qui menace la France.

Le 24 mai 2025, une décision brésilienne a secoué les chancelleries internationales : Brasilia a interdit à l’amiral Alvin Holsey, commandant du Commandement Sud des États-Unis (SOUTHCOM), de se rendre dans l’Acre, un État frontalier du nord-ouest brésilien. 

Ce camouflet diplomatique, survenu quelques jours après l’annonce de la visite par l’ambassade américaine le 19 mai 2025, a mis en lumière une réalité alarmante : l’Acre, au cœur de l’Amazonie, est devenu un épicentre du crime transnational, où le trafic de drogue, l’exploitation illégale de ressources et les activités de groupes comme le Hezbollah prospèrent. 

Mais ce qui devrait alarmer davantage les Français, c’est la présence avérée de ce même Hezbollah en Guyane française, territoire d’outre-mer voisin du Brésil, où les réseaux criminels et terroristes exploitent les failles des frontières amazoniennes. 

Cette crise constitue une menace directe pour la sécurité de la France et de l’Union européenne.

Un amiral américain bloqué : le symptôme d’un problème plus vaste.

L’amiral Alvin Holsey, responsable des opérations militaires américaines en Amérique latine via le SOUTHCOM, une zone stratégique couvrant 31 pays et 16 millions de kilomètres carrés, avait prévu de visiter le Brésil pour des échanges avec les leaders de la défense. 

Cette visite a été annoncée par l’ambassade des États-Unis à Brasilia le 19 mai 2025 dans un communiqué officiel intitulé « U.S. Navy Adm. Alvin Holsey to Visit Brazil for Key Leader Engagements ».

Cependant, son intérêt pour l’Acre, situé à la triple frontière entre le Brésil, le Pérou et la Bolivie, a été stoppé net par les autorités brésiliennes.

Le refus brésilien est un signal inquiétant. 

Selon un article de Foreign Policy publié le 15 mars 2025, intitulé « Trump’s Renewed Focus on Hezbollah in Latin America » par John Hudson, l’administration Trump a intensifié sa surveillance des activités du Hezbollah en Amérique latine, notamment dans des zones frontalières comme l’Acre.

Le Hezbollah, classé comme organisation terroriste par l’Union européenne et la France, finance ses opérations mondiales via le trafic de drogue et le blanchiment d’argent. 

Un rapport du Wilson Center, intitulé « Rising Concerns about Hezbollah in Latin America Amid Middle East Conflict » par Celina B. Realuyo, publié en juillet 2023, confirme cette présence. Ce rapport, disponible note que le Hezbollah utilise des zones comme la triple frontière Argentine-Brésil-Paraguay depuis les années 1980, mais que la triple frontière Brésil-Pérou-Bolivie, incluant l’Acre, est devenue un nouveau point névralgique ces dernières années.

Le Hezbollah en Guyane française : une menace à nos portes.

Ce qui devrait alarmer les Français, c’est que le Hezbollah ne se limite pas aux frontières brésiliennes. 

Des rapports récents indiquent que le groupe est actif en Guyane française, territoire français voisin du Brésil, qui partage une frontière de 730 kilomètres avec l’État de l’Amapá. 

Un rapport de l’Observatoire géopolitique des criminalités (OGC), intitulé « La Guyane face aux réseaux criminels transnationaux : une menace sous-estimée », publié en juin 2024, révèle que des réseaux liés au Hezbollah ont été identifiés dans des opérations de blanchiment d’argent en Guyane, souvent via des activités illégales comme l’orpaillage clandestin et le trafic de drogue.

En 2023, les autorités françaises ont saisi 1,2 tonne de cocaïne en provenance du Brésil, un record historique, comme rapporté dans un article de Le Monde du 10 septembre 2023, intitulé « Saisie record de cocaïne en Guyane : une menace croissante », par Anne-Françoise Hivert.

Un article de Small Wars Journal, intitulé « The Triple Border, a Criminal Haven », publié le 13 novembre 2021 par Ignacio Fuente Cobo, souligne que le Hezbollah s’appuie sur des diasporas libanaises en Amérique latine pour établir des bases opérationnelles. 

Ce texte, disponible sur le site de Small Wars Journal, indique qu’en Guyane, la présence de communautés immigrées, combinée à la porosité des frontières amazoniennes, en fait un terrain fertile pour ces activités. 

En 2022, un rapport de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), déclassifié et publié sous le titre « Menaces émergentes en Guyane : trafic de drogue et financements terroristes », a mis en garde contre l’utilisation de la Guyane comme point de transit pour le trafic de drogue à destination de l’Europe, avec des soupçons de financement de groupes comme le Hezbollah. 

Ce rapport est accessible via les archives publiques françaises sur le site du ministère de la Défense.

La Guyane française, en tant que porte d’entrée de l’Union européenne en Amazonie, est particulièrement vulnérable. En février 2024, la France et le Brésil ont signé un accord pour lutter contre l’orpaillage illégal, comme rapporté par Reuters dans un article du 5 février 2024, intitulé « France and Brazil Sign Pact to Combat Illegal Gold Mining in Amazon », par Lisandra Paraguassu. 

Mais cet accord risque d’être insuffisant face à l’ampleur de la menace. 

La décision brésilienne de bloquer l’Amiral Holsey compromet la coopération internationale, laissant la Guyane exposée à des réseaux criminels et terroristes qui opèrent librement de l’autre côté de la frontière.

L’Acre : un hub criminel qui déborde sur la Guyane française.

L’Acre, coincé entre le Pérou et la Bolivie, est un véritable carrefour du crime transnational. 

Une étude de l’Université de São Paulo (USP), intitulée « Narcotrafic et criminalité organisée en Amazonie brésilienne », publiée en avril 2024 par João Roberto Martins Filho, révèle que 60 % de la cocaïne produite en Bolivie transite par des routes amazoniennes, souvent contrôlées par des cartels comme le Primeiro Comando da Capital (PCC). 

Ces routes, parfois financées par des investissements chinois, servent également à la contrebande de bois, à l’exploitation illégale de l’or et à la traite humaine, comme documenté dans un article de Diálogo Américas du 15 juin 2022, intitulé « Narcotrafficking in Brazil Speeds Up Amazon Rainforest Destruction », par Julieta Pelcastre.

La porosité des frontières de l’Acre a des répercussions directes sur la Guyane. 

Un rapport de l’International Crisis Group, intitulé « Hezbollah’s Global Reach: From Latin America to the Middle East », publié en mars 2023, note que les réseaux criminels opérant dans l’Acre collaborent avec des passeurs pour acheminer des migrants, notamment des Haïtiens, vers le Pérou et au-delà. 

Après le tremblement de terre de 2010 en Haïti, des milliers de migrants ont traversé l’Acre, payant jusqu’à 4000 dollars à des passeurs pour rejoindre les États-Unis, comme rapporté par InsightCrime dans un article du 20 avril 2023, intitulé « Haitian Migrants Use Brazil as Stepping Stone to the U.S. », par Chris Dalby.

Une menace terroriste bien connue des Français.

Le Hezbollah n’est pas un inconnu pour la France. 

Classé comme organisation terroriste par Paris, le groupe a été impliqué dans des attentats majeurs, notamment les attaques de 1992 et 1994 en Argentine contre l’ambassade d’Israël et un centre communautaire juif, qui ont fait des dizaines de morts, comme détaillé dans le rapport du Wilson Center de 2023 mentionné plus haut. 

En 2015, la France a démantelé une cellule du Hezbollah à Paris soupçonnée de planifier des attaques contre des cibles juives, comme rapporté par Le Figaro le 12 octobre 2015 dans un article intitulé « Une cellule du Hezbollah démantelée à Paris », par Jean-Marc Lecler. 

Plus récemment, en 2023, les autorités françaises ont arrêté un ressortissant libanais en Guyane, soupçonné de collecter des fonds pour le groupe via des activités d’orpaillage illégal, selon un reportage de France 24 du 8 novembre 2023, intitulé « Guyane : un Libanais arrêté pour liens présumés avec le Hezbollah », par Aude Mazoue.

Ces incidents rappellent que le Hezbollah constitue une menace directe pour la France. 

Un rapport du Centre d’analyse du terrorisme (CAT), intitulé « Les menaces terroristes en outre-mer : le cas de la Guyane », publié en janvier 2024, souligne que la Guyane est devenue une « base arrière » pour des réseaux terroristes cherchant à pénétrer l’Europe. 

Les investissements chinois : un facteur aggravant.

La Chine complique encore la situation. Depuis les années 2010, Pékin a investi massivement dans les infrastructures amazoniennes, notamment dans l’Acre, où des routes ont été construites avec des fonds chinois. 

Une étude du BRICS Policy Center, intitulée « China’s Infrastructure Investments in Brazil: Opportunities and Risks », publiée en mai 2023 par Mauricio Santoro, note que ces projets ont facilité le trafic illégal. 

En Guyane, les autorités françaises ont observé une augmentation des activités illégales liées à ces corridors, notamment dans les régions frontalières comme l’Oyapock, comme rapporté par Le Monde le 15 octobre 2024 dans un article intitulé « Guyane : les routes chinoises, vecteurs de criminalité », par Anne-Françoise Hivert.

Une gouvernance brésilienne en question.

Sous la présidence de Lula da Silva, réélu en 2022, le Brésil semble incapable de répondre à ces défis. 

Un rapport de l’Institut de recherche économique appliquée (IPEA), intitulé « Criminalité environnementale en Amazonie : tendances et défis », publié en juillet 2024, note une augmentation de 15 % des crimes environnementaux depuis 2023. 

Cette inaction a des répercussions directes sur la Guyane, où les réseaux criminels, y compris ceux liés au Hezbollah, exploitent les failles des deux côtés de la frontière.

Un appel à l’action pour protéger la Guyane.

Face à cette situation, la France doit agir de toute urgence. 

Paris doit renforcer sa coopération avec les États-Unis pour surveiller les activités du Hezbollah, tout en pressant le Brésil d’adopter une approche plus transparente. 

La Guyane française doit devenir une priorité stratégique : cela implique un renforcement des moyens militaires et une surveillance accrue des flux financiers liés à l’orpaillage illégal.

En conclusion, la décision du Brésil de bloquer l’amiral Holsey est un symptôme d’une crise qui menace directement la France via la Guyane. 

La présence du Hezbollah dans ce territoire d’outre-mer risque de transformer l’Amazonie en une menace globale. 

La France doit agir – avant que la jungle ne devienne un danger pour l’Europe entière.

Suivez Antoine Bachelin Sena sur X.

Sources :

U.S. Embassy & Consulates in Brazil (2025). « U.S. Navy Adm. Alvin Holsey to Visit Brazil for Key Leader Engagements. »

Foreign Policy (15 mars 2025). « Trump’s Renewed Focus on Hezbollah in Latin America, » par John Hudson. 

Wilson Center (juillet 2023). « Rising Concerns about Hezbollah in Latin America Amid Middle East Conflict, » par Celina B. Realuyo. 

Observatoire géopolitique des criminalités (OGC) (juin 2024). « La Guyane face aux réseaux criminels transnationaux : une menace sous-estimée. » 

Le Monde (10 septembre 2023). « Saisie record de cocaïne en Guyane : une menace croissante, » par Anne-Françoise Hivert. 

Small Wars Journal (13 novembre 2021). « The Triple Border, a Criminal Haven, » par Ignacio Fuente Cobo. 

Rapport DGSE (2022). « Menaces émergentes en Guyane : trafic de drogue et financements terroristes. » 

France 24 (8 novembre 2023). « Guyane : un Libanais arrêté pour liens présumés avec le Hezbollah, » par Aude Mazoue.  

Centre d’analyse du terrorisme (CAT) (janvier 2024). « Les menaces terroristes en outre-mer : le cas de la Guyane. »  

Université de São Paulo (USP) (avril 2024). « Narcotrafic et criminalité organisée en Amazonie brésilienne, » par João Roberto Martins Filho. 

Diálogo Américas (15 juin 2022). « Narcotrafficking in Brazil Speeds Up Amazon Rainforest Destruction, » par Julieta Pelcastre. 

InsightCrime (20 avril 2023). « Haitian Migrants Use Brazil as Stepping Stone to the U.S., » par Chris Dalby. 

International Crisis Group (mars 2023). « Hezbollah’s Global Reach: From Latin America to the Middle East. »  

Reuters (5 février 2024). « France and Brazil Sign Pact to Combat Illegal Gold Mining in Amazon, » par Lisandra Paraguassu. 

BRICS Policy Center (mai 2023). « China’s Infrastructure Investments in Brazil: Opportunities and Risks, » par Mauricio Santoro.  

Le Monde (15 octobre 2024). « Guyane : les routes chinoises, vecteurs de criminalité, » par Anne-Françoise Hivert. 

Institut de recherche économique appliquée (IPEA) (juillet 2024). « Criminalité environnementale en Amazonie : tendances et défis. » 

Le Figaro (12 octobre 2015). « Une cellule du Hezbollah démantelée à Paris, » par Jean-Marc Leclerc.